Enquête publique sur le plan de prévention des inondations de la Lys aval 

PPRI Lys aval

Remarques de Lestrem Nature remises au Commissaire enquêteur

1) Concertation préalable

Je regrette tout d’abord l’absence de concertation, d’information lors de la réalisation de ce document .Les conseils municipaux ont certes été consultés mais les explications données ont été très insuffisantes sur les objectifs du PPRI, sur la notion d’intérêt général,  ce qui a conduit la majorité  d’entre eux à confondre les cartographies proposées avec la carte des zones inondables et à s’empresser de chicaner sur tel ou tel terrain qui n’a pas encore été inondé et qui se retrouve en zone rouge !  On se retrouve ainsi dans la situation où les propriétaires riverains s’inquiètent  uniquement de la dépréciation de leurs biens fonciers ou immobiliers.

Aucune association n’a été consultée, la Commission Locale de l’Eau du SAGE de la Lys n’a même pas eu à en débattre ! C’est sur ma demande que lors de la réunion de Juin 2002, Madame Mordacq, de la DDE, a fait une rapide présentation sans entrer dans les détails. Je trouve cette situation inacceptable . Il ne faut pas s’étonner que ce dossier se transforme en une série de revendications particulières.

2) Note de présentation

Elle est très superficielle et ne présente pas de façon satisfaisante la cartographie, elle ne permet pas de justifier les choix qui sont faits.

Seul l’aspect hydraulique est mis en avant ! On ne trouve que peu de références aux milieux naturels : zones humides , fossés , prairies humides, végétation aquatique….On a l’impression d’un « copier-coller » d’études d’impact antérieures ! 

3) Cartographie

Sur le fond , ce document apparaît uniquement comme un document d’urbanisme avec une cartographie non justifiée et un cahier des charges très superficiel. 

S’il est impératif d’interdire les constructions en  zone inondable et dans les zones de rétention, encore faut-il l’expliquer, le justifier .

La cartographie proposée est surprenante sur certains secteurs où les bords immédiats de la Lys sont une mosaïque de zones rouge-clair sans aucune explication notamment entre Saint- Floris et Merville et Sailly sur la Lys et Erquinghem.

Les notions de zone rurale et zone urbaine sont très floues. Où commencent-elles ? La légende est confuse.

Il aurait été indispensable de disposer des POS ou PLU de chacune des communes pour superposer, comparer, définir les extensions indispensables

 

4) Le règl ement

  •       La protection des zones humides est absente du règlement . Or il s’agit là d’un facteur important de limitation des effets crues car ces zones ont un rôle régulateur indispensable. Elles sont nombreuses dans le bassin de la lys , abritent une faune et une flore caractéristique et méritent une protection dans le cadre du PPRI .

  •     Concernant les ouvrages et aménagements hydrauliques, on ne peut se limiter aux abords immédiats de la rivière . L’interdiction de reboucher des fossés sans compensation équivalente en volume, doit toucher tout le territoire des communes riveraines.

  •      L’article 21 p13 traitant du drainage agricole prête à sourire : « le drainage est autorisé à condition de na pas aggraver les risques » ! Les drains amènent l’eau à grande vitesse dans des fossés, ces fossés avec souvent des plaques de béton aggravent les crues.

  •       L’article 1 p29 évoque la limitation du ruissellement . La nécessité de replanter de haies, de modifier les pratiques agricoles  n’est pas abordée.

5) La Lawe 

Un PPRI de la Lawe est actuellement en cours d’élaboration . Il doit concerner le cours complet de la rivière jusqu’à sa confluence avec la Lys. Il est inconcevable de s’arrêter à la limite départementale car la zone entre la limite départementale et la confluence est fortement soumise aux crues doit être intégrée dans le PPRI Lawe et  de ce fait des mesures strictes doivent être prises de chaque coté de la rivière.

6) Des zones près de Lestrem à classer en aléa fort


7) Etablissements publics

 La liste non réactualisée  des établissements publics démontre une fois de plus l’absence d’étude de terrain : AILE à Lestrem  est une association d’insertion dissoute depuis plusieurs années, le collège de Merville qui a été sérieusement touché par des inondations n’est pas référencé, de même que le complexe collège-lycées d’Estaires qui est  pourtant situé à proximité de la Lys.

 

Conclusion

Je  regrette que ce plan, important pour la prévention des inondations, n’ait pas donné lieu à une étude plus sérieuse avec une véritable concertation, de vraies explications car il s’agit là d’un problème d’intérêt général qui ne peut se résoudre que dans sa globalité.

 

Jean-Louis Wattez.

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