Forêt de Nieppe

Une gestion peu écologique!! 

Lestrem Nature est intervenu auprès du SYMSAGEL et de la Police de l'Eau du Nord

La Forêt domaniale alluviale de Nieppe

La forêt domaniale de Nieppe résulte de la fusion en 1974 de la forêt de Nieppe et de la forêt des Huit-Rues située à 5 km au nord-ouest. D'une superficie totale de 2 598 ha , elle se situe sur les communes de Morbecque, Vieux Berquin et Wallon Cappel.
La pente de la plaine est très faible  et le réseau d'assainissement agricole est particulièrement dense : 213 km de fossés bordiers, fossés d'assainissement principaux et secondaires. Cependant les besoins de la forêt  et du milieu agricole sont différents!

On peut distinguer 5 types de stations forestières en fonction de l'altitude et du drainage existant:

  • la chênaie-hêtraie au bois des Huits-Rues ( 65 ha)

  • la chênaie-charmaie (713 ha)

  • la chênaie-frênaie ( 740 ha)

  • la frênaie-chênaie (500 ha)

  • la frênaie (580 ha)

Les méfaits du drainage

La forêt domaniale de Nieppe est régénérée   naturellement et artificiellement malgré des difficultés liées aux conditions de sols très difficiles , aux modifications climatiques et au drainage qui provoquent le dépérissement des chênes pédonculés. 
Elle présente une grande richesse faunistique ( chevreuils, sangliers, oiseaux , batraciens).

Classée en ZNIEFF elle revêt un intérêt patrimoniale écologique très élevé avec des peuplements uniques en France. La forêt domaniale de Nieppe représente encore ( mais pour combien de temps?) un des rares témoins des vallées forestières des basses terres de Flandres auxquelles s'ajoutent une multitudes d'habitats et de microsystèmes non forestiers comme les sentiers, les mares associées aux prairies alluviales de fauche.


des milieux humides d'une grande richesse écologique


Les travaux engagés depuis deux ans

  • De grandes saignées avec aujourd'hui un double fossé latéral d'une longueur de plus de 15km....

  • La profondeur du double fossé a un effet drainant et provoquera la disparition de nombreux milieux humides

    Objectif de l'opération:

    Officiellement : création de chemins pour le débardage

    Est-ce le seul objectif de la gestion aujourd'hui économique de la forêt?


   

Un marché a été passé entre l'ONF et SOLLAC Dunkerque. Des tonnes de laitier de hauts fourneaux en provenance de Sollac Dunkerque sont  arrivés en forêt pour réaliser les fonds de chemins!!!

Un dépôt près de la Base du Parc

Un autre dépôt de près de 40 camions dans la drève du milieu

Des morceaux de métal apparaissent dans les pierres .Quel métal?

 


  

 

 

 


Edition d'Hazebrouck du dimanche 25 novembre 2007

ENVIRONNEMENT
La forêt de Nieppe, zone humide remarquable en péril ?

Les habitants de la dernière grande forêt de Flandre doivent-ils trembler ? Les observations de militants écologistes, qui redoutent un assèchement du milieu, accréditent un appauvrissement de la zone humide remarquable. Une étude, la première, sur le rôle hydrologique précis du troisième plus grand massif boisé de la région, sera lancée au printemps 2008.

PAR MARC LE TELLIER
hazebrouck@lavoixdunord.fr PHOTOS PATRICK JAMES ET « LA VOIX »
La forêt, ces 2 600 hectares qu’il explore à loisir depuis 1984, Alain Vaillant y tient. Au point que la moindre modification du milieu suscite, si ce n’est des certitudes, tout au moins des inquiétudes chez le guide nature. Et ce de tout temps. En 1987, il lançait l’Appel des chênes, pour demander une étude sur la mort de centaines de ces vénérables arbres. Les recherches mettaient en cause plusieurs facteurs (pollutions, sécheresse et drainage).
Mai 2005 : il découvre une drève, percée d’une vingtaine de mètres de large pour quelque trois kilomètres de long. L’Office national des forêts, gestionnaire du lieu, se justifie : « Il s’agit d’une réserve de bois vieillissant à laquelle nous n’avions pas accès. 
» « C’est la dernière drève », jure l’ONF.
L’avenir démontrera le contraire. Aujourd’hui, le réseau qui permet l’évacuation du bois par camions s’est densifié, transformé, dans des proportions inquiétantes (lire ci-contre). Le maillage des cours d’eau en forêt de Nieppe, très riche historiquement, se développe aussi. Une condition pour que les chemins restent praticables. « En langage militaire, cela s’appelle quadriller le terrain  », compare Alain Vaillant. La « fragmentation » aurait des conséquences : acheminer plus vite l’eau vers le sud de la forêt, à Haverskerque et Saint-Venant ; nuire à l’intégrité d’une « zone humide prioritaire » ; menacer la biodiversité. « L’ONF se prévaut d’une logique de développement durable dans le discours tout en modifiant l’identité de la forêt de Nieppe, dont l’intérêt floristique et faunistique ne sont plus à prouver. Les zones humides ont régressé de 30 % en trente ans dans la région », lance Jean-Louis Wattez, de Lestrem Nature.
Le poumon vert est-il menacé ? À compter du printemps prochain et le lancement d’une étude sans précédent, le SYMSAGEL (syndicat mixte pour le schéma d’aménagement de gestion des eaux de la Lys) pourrait apporter des éléments de réponse : « Nous savons peu de choses de la forêt, de son véritable rôle hydrologique, des niveaux d’eau, du rôle du ruissellement, de l’apport réel des multiples fossés, indique un chargé de mission. L’objectif est d’obtenir des données exhaustives en 2009. Après seulement, une gestion équilibrée des écoulements d’eau sera envisagée avec tous les acteurs du secteur. » •  

 > Joint par téléphone, Joël Dufour, responsable territorial de l’office national des forêts, n’a pas souhaité répondre à nos questions.

Des digues dans le collimateur

Des travaux de renforcement sur des chemins forestiers ont été stoppés en juin. Plus que le matériau, des résidus de haut fourneaux, la méthode utilisée par l’ONF a été incriminée par le service départemental de police de l’eau.
Des tas bleutés à quelques mètres de la route, à l’orée de la forêt, au hameau du Parc. Pas très bucolique. Suffisamment étrange en tout cas pour mettre la puce à l’oreille de Jean-Louis Wattez. C’est lors d’une balade printanière que le militant vert fait cette découverte. Vérification faite, il s’agit de « laitier », mélange de cendres et de composés non ferreux. Ces résidus sont communément employés dans des chantiers, comme ballast ou remblais.
L’ONF, qui a entrepris de renforcer des travaux dans la forêt de Nieppe, l’utilise pour des fonds de chemin. Ce n’est pas le laitier en lui-même qui aurait causé l’arrêt du chantier du jour au lendemain, courant juin, mais la nature même des aménagements. Depuis la loi sur l’eau de 1992, la surélévation des «  digues » en zone humide est strictement réglementée. Selon nos informations, l’ONF l’ignorait. La procédure enclenchée par la police de l’eau a été transmise au procureur de la République d’Hazebrouck. • M. L. T.

Aujourd'hui les travaux sont arrétés!

Affaire à suivre