Ensemble pour gérer le territoire

Corridors biologiques : Mont-Bernenchon – Lestrem – Vieille Chapelle-
                                             La Couture-Hinges

 Compte rendu du comité de pilotage du 8 février 2006 à Vieille Chapelle

Réunion à la salle communale de Vieille-Chapelle de 14H00 à 17H00 :

 Présents : Jean-Claude Delpierre Maire-adjoint de Hinges, Alain Dejonckheere Maire de Vieille-Chapelle, Pierre L’Hermite Maire-Adjoint de Vieille-Chapelle, Yvonnyk Diaz Maire-adjoint de La Couture , Eric Chérigié Conseil Régional du Nord-Pas-de-Calais (D.E.E.D.), Jean-Michel Drumez Agence de l’eau Artois Picardie,  Fabien Martin D.R.A.F – D.D.A.F, Michel Ropital Voies Navigable de France, Denis Durlin Fédération Départementale des Chasseurs du Pas-de-Calais, Sophie Bardoux FREDON du Nord-Pas-de-Calais, Aline Pruvost Artois Comm, Dirck Cuvelier Regionaal Landschap West-Vlaamse Heuvels, Philippe Cannesson La Chaîne des Terrils, Philippe Blondiaux association RéAgir, Céline Ménard association RéAgir, Nathalie Chapelain Lestrem-Nature, Franck Bedouet Lestrem-Nature, Nadine Wattez Lestrem-Nature, Monique Dambrune Lestrem-Nature, Philippe Macrelle Lestrem-Nature, Jean-Louis Wattez Lestrem-Nature.

 Excusés : Emmanuel Bertin Pays Cœur de Flandre, Louis Bariselle  Président du SIAAAH,

Marc Delannoy Maire de Lestrem, Philippe Brouteele Maire-adjoint de Lestrem, Marie-Claude Duhamel Maire de Vieille-Chapelle  

Ordre du jour :  

Ø      Le projet d’autoroute A24 sur notre territoire : un corridor inattendu !

Ø      Bilan des opérations réalisées entre juin 2005 et janvier 2006 et le point sur la mise en œuvre du plan de gestion des bassins VNF de Mont-Bernenchon avec la société de chasse de Mont-Bernenchon

Ø      Exemple de gestion différenciée en Belgique présenté par Dirck Cuvelier, Directeur Regional des projets environnements des Mont-de-Flandres (Regionaal Landschap West-Vlaamse Heuvels)

Ø      Formation à la Gestion différenciée des espaces communaux : choix de zone-test pour chacune des cinq communes  (100ml de bord de route avec fossé, chemin de randonnée…)

Ø      Présentation de l’inventaire floristique et phytosociologique d’une partie des fossés de Lestrem et La Couture et des bassins VNF de Mont-Bernenchon réalisé durant l’été 2005 avec le concours du Conservatoire Botanique National de Bailleul.

Ø      Questions diverses  

1.     Le projet d’autoroute A24 sur notre territoire : un corridor inattendu !  

Jean-Louis Wattez expose le projet d’autoroute A24 sur notre territoire :

-         le fuseau N°3 contournerait la commune de Mont-Bernenchon pour traverser ensuite les bassins VNF n° 51 et 52 puis le Paradis à Lestrem.

-         Les variantes n°3a et 3b traverseraient la commune de Vieille-Chapelle

Cette autoroute coûtera environ 1 milliards d’euros.

La fragmentation de notre territoire va s’accroître irrémédiablement.

 D.Durlin demande quel est le fuseau le moins réalisable ?

 J.Wattez répond que pour le n°3, il y a une quasi impossibilité de réaliser un échangeur avec l’A26 par manque de terrain.

Un numéro spécial du Corridor Infos va bientôt paraître « A24 : à l’opposé d’un développement durable ». J.L.Wattez en fait la présentation.

 JL.Wattez propose à Dirk Cuvelier d’expliquer comment ce projet d’autoroute A24 a été accueilli en Belgique.

D.Cuvelier : « En Belgique, on a été surpris. L’information est venue des journaux comme quoi il y aurait un fuseau possible par Steenvoorde : cela nécessiterait beaucoup d’aménagements car en Belgique la poursuite de l’A24 comporte de nombreux ronds-points et feux qui provoqueraient des ralentissements importants pour les camions.

Face à la réaction des agriculteurs de Poperingue, le Ministère des Travaux Publics Belge a commandé une étude d’impacte. Elle doit être faite dans les 6 mois à venir.

La semaine dernière, une réunion avec le Gouverneur de la Flandre Occidentale s’est tenue : la Province n’est pas favorable aux fuseaux 3 et 4. Elle préfère le fuseau historique qui passerait par le Pont Badou. En Belgique, la route prolongeant l’A24 serait mieux adaptée et ne nécessiterait pas de travaux.

      La France presse la Belgique pour qu’elle donne son avis sur le fuseau à privilégier avant fin 2006. »

   2.     Bilan des opérations réalisées entre juin 2005 et janvier 2006 et le point sur la mise en œuvre du plan de gestion des bassins VNF de Mont-Bernenchon avec la société de chasse de Mont-Bernenchon  

C. Ménard présente les opérations de gestion des corridors biologiques réalisées depuis juin 2005.  

M.Drumez fait remarquer qu’il ne faut pas enlever systématiquement tous les embâcles comme par exemple les bois morts. D’autre part, les plantes envahissantes devraient être fauchées soit plus souvent, soit plus tard en saison.  

C.Ménard répond que le terme d’embâcles est employé pour désigner les déchets. Tous les bois ne sont pas enlevés.  

Philippe Cannesson propose de ne pas faucarder les cours d’eau en juin ou juillet. La fauche de roselière pourrait, quant à elle, être plus tardive.  

J.M.Drumez donne des informations à l’association RéAgir sur la mise en place d’un nouveau dispositif d’aide financière complémentaire pour la création de nouveaux emplois.  

F.Martin précise que la loi oblige l’enlèvement des embâcles donc il faut faire très attention dans les termes à employer.

J.M.Drumez explique qu’un nouveau cahier des charges, sur l’entretien des cours d’eau, est en cours de rédaction. Il nous sera transmis prochainement.  

 

3.     Exemple de gestion différenciée en Belgique présenté par Dirk Cuvelier, Directeur Regional des projets environnements des Mont-de-Flandres (Regionaal Landschap West-Vlaamse Heuvels)  

A24 traverserait le Parc en Belgique.

Le parc représente une surface de 45 361 ha , les communes ont fusionné en 1976 en 8 communes. Il a pour mission de sauvegarder le paysage des Monts de Flandre, le bocage (flore et faune).

 Les missions pour les Corridors biologiques du Parc :

-         Restaurer la perméabilité du paysage des Monts de Flandre (séquelles de la guerre 14 / 18 )

-         Sauvegarder la biodiversité typique : il reste 70 couples de Bruant Jaune le long de la frontière.

-         Sauvegarder le patrimoine génétique local : il y a une pollution génétique avec les pépiniéristes qui vendent des essences allochtones (aubépine d’Italie, prunellier de Turquie…)

Des inventaires sont réalisés pour savoir si il reste des populations autochtones afin de les utiliser pour produire de nouveaux plants locaux : programme de récolte de graines, culture de plants.

 Les actions du Parc :  

-         Les Plans Paysagers pour les exploitants agricoles :

Il s’agit d’une démarche volontaire menée par les agriculteurs qui souhaitent planter des haies. Un architecte paysagiste se rend sur place pour les convaincre d’utiliser des essences locales. Puis, une équipe de personnes en insertion réalise les travaux de plantation et de mise en place des clôtures.

Les plantations sont placées entre 2 clôtures (1 clôture est offerte) : utilisation de poteaux non traités en châtaignier, pas de plastique noir.

95 % de l’opération est financée par la commune et la province, et 5% est pris en charge par l’agriculteur.

            Depuis 1996, 200 000 arbustes, 4500 arbres et 1500 fruitiers ont été plantés, cela représente 65 km de haie.

240 agriculteurs (soit 10% des agriculteurs du parc) ont bénéficié de ce plan paysager.

 -         Les Plans Paysagers pour les particuliers :

80 % de l’opération est financée par la commune et la province, et 20% est pris en charge par le particulier.

45 particuliers ont bénéficié du plan paysager.

 -         La production de plants locaux :

En 2000-2001 : 14 315 plants ont été produits

En 2004 : 286 000 plants

En 2005 : 116 275 plants

Avantage : les souches locales poussent plus vite.  

-         Aménagement de sentiers de randonnée :

Il s’agit d’un réseau de parcours de randonnée où de nombreuses variantes sont possibles.

Le réseau de sentiers est entretenu en gestion différenciée et 25 km de haies ont été implantées le long des nouveaux chemins.

Il y a eu une remise en état des chemins en ornières pour les VTT. Des barrières ont été placées à l’entrée de certains chemins afin de bloquer l’accès aux véhicules tout terrain.  

-         La Gestion Différenciée  des bords de route :

La fauche avec ramassage des produits a lieu à partir du 15 juin. Une deuxième fauche est effectuée après le 15 septembre. A Ypres, 600 km de bords de route sont concernés. Cela représente un coût de 44,62 € du Km linéaire (hors TVA à 21 %) en 2005.

Peut être que la fauche sera plus tardive si une dérogation est mise en place.

Le traitement des produits de fauche pose des problèmes de surcoût alors bientôt, un partenariat sera mis en place avec les fermes pour le compostage.

La fauche est réalisée par un tracteur équipé d’un bras de fauche avec aspirateur. L’herbe, une fois coupée et aspirée, est projetée dans la benne juste derrière le tracteur.

Depuis la mise en place de cette gestion, les bords de route sont beaucoup plus fleuris.
 

Ph. Cannesson demande des précisions sur la largeur de fauche : fauche de sécurité ou de tout le bord de route ?

D. Cuvelier répond que la fauche se fait sur tout le bord de route et le fossé dès le mois de juin.

JL.Wattez : « Qu’est ce qui empêche de faire la fauche fin août ? »

D. Cuvelier : « Les risques d’inondation sont importants l’été, c’est pour cela que la fauche a lieu à cette période. »

 P. L’Hermite : « N’y a t il pas des conflits avec les chasseurs ? »

D. Cuvelier : « Oui, les conflits existent notamment pour la reproduction des perdrix »

 D.Durlin :  « Tout un travail de sensibilisation des agriculteurs a été réalisé par la fédération de chasse sur les bandes enherbées et leur maintien. Beaucoup d’entre eux labourent les accotements pour les cultiver. »

D.Cuvelier indique, qu’en Belgique, les cultures réalisées à l’intérieur de la limite communale ont été fauchées. L’année d’après, les vraies limites étaient respectées par les agriculteurs.  

4.     Formation à la Gestion différenciée des espaces communaux : choix de zone-test pour chacune des cinq communes  (bord de route avec fossé, chemin de randonnée…)  

La formation sur la gestion différenciée des espaces communaux sera effectuée par Lestrem-Nature. Elle s’articulera autour d’une présentation des différentes techniques et d’une visite ou d’une mise en pratique sur le terrain.

Elle aura lieu les 22 et 23 mai 2006 de 14H à 17H, la salle restant à définir.

Cette formation est réservée au personnel communal chargé de l’entretien des espaces verts ainsi qu’aux élus.

      Chaque commune devra en échange proposer des zones test pour la gestion différenciée : bords de route, chemin de randonnée, bande enherbée, prairie, parterre à fleurir…

      Céline Ménard passera dans chaque commune pour apprécier ou aider au choix des zones.  

5.     Présentation de l’inventaire floristique et phytosociologique d’une partie des fossés de Lestrem et La Couture et des bassins VNF de Mont-Bernenchon réalisé durant l’été 2005 avec le concours du Conservatoire Botanique National de Bailleul.  

Un souci technique nous ayant obligé à reporter l’exposé prévu sur l’inventaire floristique et phytosociologique au prochain comité de pilotage, Franck Bedouet nous en fait quand même un résumé.  

F.Bedouet : « 176 plantes différentes ont été inventoriées sur le site de Mont-Bernenchon dont la naïade commune. Cette plante n’a été identifiée qu’à seulement 3 endroits dans la région.

Un plan de gestion va être mis en place dans les bassins VNF pour préserver ces plantes remarquables.  

La renouée du Japon est également présente sur le site. C’est une plante invasive, assez prolifique dont il est très difficile de se débarrasser. »  

J.M. Drumez explique qu’il y a plusieurs façons de contrôler cette plante :

-         soit en la fauchant plusieurs fois par an

-         soit en employant des produits phytosanitaires

-         soit en mettant en place un autre couvert végétal

 

F. Martin signale que des planches explicatives sur les plantes invasives sont libres d’accès sur le site internet de la DDAF de l’Oise.

   Prochain comité de pilotage : le mercredi 28 juin toute la journée (visite des corridors biologiques du Parc des Monts de Flandre en Belgique)  

 

 

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