Association  


juin 2005

Le recensement des rapaces nocturnes sur les communes de 
Lestrem et Mont Bernenchon

Mélanie Bonne, Philippe Cannesson, Cédric Masselot et Thomas Quintaine

De part la disparition de leurs habitats, les rapaces nocturnes sont des espèces particulièrement menacées, malgré leur rôle prédominant dans la chaîne alimentaire. En effet ces rapaces régulent naturellement les populations de rongeurs. C’est pourquoi des travaux d’aménagement ont été effectués par l’association Lestrem Nature, pour la conservation des écosystèmes qui leur sont favorables. Cette année, afin d’analyser la portée de ces efforts, des comptages ont été réalisés sur les communes de Mont-Bernenchon et Lestrem.

Les espèces rencontrées
 - La Chouette chevêche (Athene noctua), espèce exigeante, s’installe habituellement dans les trous d’arbres ou de bâtiments. Elle fréquente de préférence les milieux ouverts et les prairies humides pâturées. Elle est un habitant régulier des Saules têtards. Ces Saules ont un tronc limité à une hauteur de 2m environ par un élagage régulier afin d’augmenter le diamètre du tronc. Le centre pourrit et offre de nombreuses cavités aux animaux cavernicoles. Les branches, fines et touffues, sont utilisées par les vanniers.

- Le Hibou moyen-duc (Asio otus) quant à lui préfère les bois et parcs pour nicher.

- La Chouette hulotte (Strix aluco), espèce cavernicole, fréquente les même milieux que le Hibou moyen-duc mais installe son nid dans les feuillus creux.

- L’Effraie des clochers (Tyto alba), très inféodée à l’homme, vit dans les granges et les clochers.

Méthode  Un itinéraire a alors été tracé dans les communes concernées afin de parcourir les habitats potentiels de ces espèces. La localisation des individus nicheurs s’est faite grâce aux chants émis par les mâles pour marquer leur territoire avant leur départ en chasse. Il est ainsi possible d’évaluer la densité des populations dans les communes concernées. Ce trajet, suivi à la tombée de la nuit, nous a permis d’obtenir les résultats suivants.
Résultats  

            Mont Bernenchon

Lestrem

Chouette chevêche

Hibou moyen-duc

Chouette hulotte

Chouette effraie

Chouette chevêche

Chouette hulotte

8

5

3

1

7

1

Les individus sont bien concentrés sur les zones qui leur sont favorables, les saules têtards ayant un rôle prépondérant dans le maintien des effectifs de la Chouette chevêche. Cela souligne la pertinence des travaux réalisés. Les efforts dans ce sens sont à poursuivre, surtout pour les milieux boisés, habitats rares et fragmentés dans le secteur.

            Une Chouette effraie a été observée à Mont Bernenchon. Cette espèce, devenue difficile à observer de par sa raréfaction, mérite toute notre attention. C’est pourquoi, si vous avez l’occasion d’en rencontrer, vous pouvez contacter Lestrem-Nature en précisant l’emplacement de votre observation.

Des nouvelles des  hérissons

Nathalie Chapelain

L’adresse du site internet que nous vous avions donnée dans un précédent corridorinfo a changé. Désormais, pour suivre l’actualité des hérissons et de leur protection, connectez-vous au www.herisson.nom.fr.

Vous y trouverez une pétition pour sauver les hérissons d’Ecosse, un nouveau produit pour combattre les limaces sans détruire les autres espèces, une campagne d’affichage dans les communes désirant participer à sa protection, un appel aux vétérinaires souhaitant faire partie d’un réseau de soins pour ces petites bêtes en collaboration avec le Sanctuaire… Et tous les conseils si vous recueillez un hérisson chez vous, et bien d’autres rubriques encore…

Adresse postale :         Le Sanctuaire des Hérissons     Anne Burban et Patrick Fingar

                7 rue de la noye  80 440 FOUENCAMPS  Tél : 03.22.09.21.03 – 06.83.77.15.68

 

Une plante commune des zones humides : la Grande Bardane.

Franck Bedouet

Cette plante croît fréquemment dans les zones prairiales peu exploitées et les friches. Elle possède les plus grandes feuilles des plantes sauvages du Nord/Pas-de-Calais. C'est une plante bisannuelle très vigoureuse qui peut mesurer jusqu'à 2 mètres. La tige est cannelée, les feuilles larges et ondulées. Les fleurs sont englobées entre les bractées vertes, terminées par des hameçons qui s'accrochent très facilement aux vêtements, les enfants jouent souvent à se les lancer.

Cette plante était très connue et reconnue de nos ancêtres. Les anciens, selon les régions françaises, l’avaient affublée d’un certain nombre d’appellations en rapport avec sa forme ou son utilisation :

Noms vernaculaires régionaux : viou, oreille de géant, herbe aux teigneux, glouteron, peignerolle, bouillon noir, chou d’âne, gratteau, grateron, grippe-copeau, pignet.

Aujourd’hui, combien d’entre vous sont capables de l’identifier au bord d’un fossé ?
Un petit jeu pour les plus curieux d’entre vous : Pourquoi cette plante était-elle surnommé « Herbe aux teigneux » ? (Vous pouvez nous envoyer votre réponse par mail, la première bonne réponse aura un cadeau surprise).

Origine des noms français et latin : Grande Bardane, Arctium lappa

lappa : du grec labôn signifiant « accrochant », à cause des fruits crochus.

Arctium : du grec arctos, signifiant « oursin », car le fruit est velu comme un oursin.

Bardane : vient du bas-latin bardana, de barda, signifiant « couverture », à cause de la largeur de ses feuilles ; il est possible aussi que bardana provienne d’une altération d’un adjectif latin barbana, signifiant barbu, à cause du fruit.

è Plante comestible

C’est l’une des meilleures racines sauvages. Sa saveur rappelle celle de l’artichaut : toutes deux renferment un sucre caractéristique des plantes de la famille des composées (cette plante est de la même famille que le pissenlit ou la pâquerette), l’inuline. Cette substance présente la particularité de se décomposer dans l’organisme, non pas en glucose comme les amidons, mais en lévulose, ce qui permet aux diabétiques d’assimiler sans difficulté les légumes contenant de l’inuline.

è Comment la cuisiner et la déguster ?

Crue, la racine sera râpée ou hachée finement pour être dégustée en salade. Cuite à l’eau, ou revenue dans un peu d’huile, c’est, seule ou en mélange, un excellent légume. Le limbe des feuilles est trop amer pour être utilisé. Par contre, le pétiole peut être cuisiné comme les côtes de bette après avoir été blanchi. La jeune hampe florale, pelée, peut même se manger crue. Au Japon, c’est un légume fréquemment cultivé pour sa racine sous le nom de Gobo. Il est parfois vendu dans les magasins de macrobiotiques et certaines personnes paient très cher les mêmes plantes qui poussent près de chez eux.

è Utilisations anciennes

Le mot Bardane a semble-t-il été formé au Moyen-Age pour désigner plusieurs plantes à larges feuilles (tussilage, etc..). Sans doute utilisée dès les temps préhistoriques, elle est cultivée ou récoltée le long des chemins. Au Moyen-Age, utilisée aussi pour ses vertus médicinales, contre les scrophules, la lèpre, la galle.

Nom Gaulois : Betiolen : elle était recherchée et utilisée par les Druides dans divers breuvages. Fait-elle partie de la potion magique d’Astérix ? Peut-être !!!

è Utilisations contemporaines 

Connue depuis l'Antiquité, sa réputation fut renforcée au XVème siècle car elle aurait guérit Henri III atteint d'une maladie de peau. Cette plante aux vertus antibactériennes donne d'excellents résultats sur l'acné et la furonculose. Elle contient un antibiotique végétal au pouvoir antiseptique intéressant sur le staphylocoque. La bardane est un excellent dépuratif. Elle est également utilisée pour son action anti-infectieuse et anti-mycosique. Diurétique, elle est aussi sudorifique. En phytothérapie, on emploie la racine, les feuilles et les graines. Contre la goutte et les rhumatismes, on utilise la racine. Pour traiter les troubles digestifs, les feuilles servent pour préparer des infusions.

Vous souffrez de calvitie ? Voici une recette contre la chute des cheveux .

Friction à la bardane :Faites macérer environ 3 semaines 100 g de racines de bardane fraiches avec 1/2 litre de rhum. Utilisez cette lotion en friction sur votre cuir chevelu.

è Comment faire fortune grâce à une plante banale ?

De nos jours, toutes les herbes sauvages sont méprisées et considérées comme mauvaises. Pour les citadins et les ruraux, ces plantes ne sont bonnes que quand elles sont arrachées. En êtes-vous si sûr ? Ne pensez-vous pas que dans chaque plante sommeille une future bienfaitrice de l’humanité ? Vous ne le croyez pas !!!! Eh bien écoutez cette histoire de la Bardane et de ce petit Suisse devenu plus grand que sa plante. Ce petit Suisse aurait pu être votre grand-père !!! Encore aurait-il fallu que votre grand-père soit curieux de nature et inventif.

Georges de Mestral (1907-1990), ingénieur suisse, constatait souvent, en rentrant de la chasse, que des capitules de bardane restaient accrochées à ses vêtements. Mais au lieu de râler comme monsieur tout le monde en arrachant ces boules, ce monsieur réfléchit. Il s’aperçut, en les observant au microscope, que les poils du fruit de la bardane avaient la forme de crochets minuscules qui lui permettent de s’agripper aux tissus. Il eut alors l’idée de fixer des crochets analogues sur des bandes de tissu, qui s’accrocheraient entre elles et feraient office de fixation. Le premier brevet suisse fut déposé en 1951 (en France, en 1952). Le VELCRO était né, du fruit d’une Bardane et d’un cerveau fertile. Il fallut encore huit années de recherches pour que le procédé de fabrication du Velcro (l'ensemble ruban-velours VEL / ruban-crochets CRO) soit au point.

 

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